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04/03/2016

Histoire de la vie : DESILLUSION : LA JOIE TIENT A UN GESTION

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Un jour, dans un pays comme le nôtre, où chercher du travail est chose difficile, mais où le travail trouvé devient un calvaire, un homme avait travaillé toute la journée. Il n’avait eu que cinq minutes de pause pour prendre son déjeuner, débout.

Puis arriva le soir. Tout le monde avait déserté les bureaux dès 17 heures. Il était maintenant 19h30, et il pouvait enfin regagner son domicile. « Ouff ! Souffla-t-il, enfin je peux revoir ma petite famille »

Sa pensée qui l’avait déjà précédé à la maison s’arrêta sur sa femme. Alors, il put sourire derrière ses rides forcées que lui laissait son labeur.  Il sourit, soulagé, en pensant : « Je vois ma femme venir à ma rencontre dès qu’elle entendra ma voix. Elle viendra à ma rencontre avec son doux sourire, elle m’accueillera avec des mots de tendresse et des câlins. Elle s’occupera de moi, et je pourrai oublier cette terrible fatigue. »

A cette idée, il prit le chemin de la maison presqu’en volant comme un avion, tellement il ne sentait plus ses pieds toucher le sol. L’idée de sa femme venait de le revigorer. Il pouvait même travailler encore toute la nuit, mais tout son corps l’attirait vers la source de cette extraordinaire inspiration.

Il sonna et attendait impatiemment de voir apparaitre la "mannequineuse" silhouette de sa chère femme. Oui, son intuition ne mentait pas ; c’était elle qui ouvrait la porte. En la voyant, les coins de ses lèvres faillirent toucher ses oreilles, tellement son sourire devint large, mais très tôt se ravisèrent et se réduisirent pour se fermer sur un soupir d’étonnement.

  • Qu’y a-t-il mon cœur ? , demanda-t-il.
  • Très belle question, répondit madame, l’air pas du tout aux jours de noce. Et de continuer : « c’est maintenant que tu t’amènes à la maison ? Il est 20 heures. C’est quelle affaire de travail ça là ; tu exagères maintenant. Tous les jours en train de travailler, soit disant. Et monsieur s’amène, il ose me poser des questions ! Tchrrrrrr ! ». Elle se retourna brusquement, claqua la porte en lui disant : « ouvre-là toi-même tu vas entrer ».

L’homme n’en revenait pas, il ne savait même pas dans quel état il se trouvait à présent : ridicule, idiot, hébété ? Il était tout simplement désillusionné.

Froidement, il ouvrit la porte, entra avec des pas si lourds qu’il croyait avoir du béton dans ses souliers. La fatigue qu’il avait ressentie après le travail avait tripé ; la force qui lui était venue en pensant à sa femme, avait fui devant ce hurlement "gynétique".

Il entra, se jeta sur le lit. Il ne put ni manger ni se laver. Il se mit alors à philosopher : « A quoi sert l’amour s’il n’est pas capable d’empathie ? A rien du tout, sinon peut-être à un monstre. Ma femme n’a pas été capable de se mettre à ma place, de sentir ma fatigue, de la lire dans mes yeux pour desceller dans leur prunelle, le fond enthousiaste qui attendait juste un sourire pour être déclenché.

Que devient une femme sans douceur ? Juste un monstre mal déguisé en homme, et qui porte des habits de femme ; elle ne ressemble à rien sauf ce que son mari ne veut pas voir.

A quoi peut-on mesurer le degré d’une désillusion ? A la dimension de l’espoir que nous avons investi, et à l’étroitesse de la distance de l’objet désiré. »

Sachons-le hommes et femmes, la vie à deux ne peut survivre à une unilatéralité qui veut que l’on attende que l’autre lui soit toujours utile. En amour, le principe de la pérennité, c’est l’engagement de soi, le sacrifice de soi pour l’autre, quel qu’en soit le prix. Auquel cas il ne sert à rien de vouloir aimer. Ce serait chercher à faire souffrir l’autre en voulant attendre tout de lui.

Faisons attention à nos actes, car un petit acte, un tout petit geste, peut être une bombe déposée dans le cœur de celui qu’on aime, pire qu’un attentat djihadiste : le ravage est intérieur, et le pansement difficile.

Doh Koué, La voix de celui qui dans le désert de l'Africanité

22:33 Écrit par Doh Koué dans Amour, Femme, Réflexion, Société | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |