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25/01/2014

QUI ON RECONCILITE-T-"ON" EN CÔTE D'IVOIRE?

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Soyons sincères

 

L’un des maître-mots des politiques ces années-ci, c’est la réconciliation. En tout cas celui qui espèrent avoir l’oreille attentive de la masse-populace se sent obligé de dire soit qu’il un pour la réconciliation, soit qu’il est là pour accompagner le processus de réconciliation, soit qu’il est lui-même un agent de réconciliation. Le problème est que ces hommes et ces femmes deviennent de plus en plus nombreux à constituer le chœur très massif de la Chorale "Votre Dame de la Réconciliation" sans jamais porter leurs voix au-delà des discours télé et radiodiffusés. Pourquoi tant d’énergie, pourquoi tant de cerveaux, pourquoi tant de financier sans jamais pouvoir ébranler même le "R" de la réconciliation ?

En fait, si le terme réconciliation est approprié, les personnes qu’elle cible, en tout cas en Côte d’Ivoire, le sont du fait d’une erreur de lecture de la situation sociale. Réconcilier, selon le Larousse, c’est « Ramener des personnes à la bonne entente, rétablir entre elles des relations amicales ». Soit ! Mais si tel est le cas, qui sont ceux qui ne s’entendent pas en Côte d’Ivoire ? Qui n’arrivent plus à se parler sans injure ou sans menace ? Sont-ce les habitants d’Abobo et ceux de Yopougon ? Ou les ressortissants de Bloléquin et ceux de Katiola ? Je ne le pense pas.

Pour que la réconciliation soit visible en Côte d’Ivoire, il faut trouver les vraies personnes à réconcilier. Et ces personnes ne sont autres que les initiateurs du processus de réconciliation actuel ; à savoir les politiques. Dans notre quartiers, LMP et RHDP se connaissent, mais rient, mangent ensemble, s’entraident. C’est donc le Maître de chœur lui-même qui a besoin de formation afin de mieux apprendre aux choristes à sortir leur voix sans créer une cacophonie.

Il faut renverser les choses. C’est la population qui doit chercher à réconcilier les hommes politiques, car ce sont ces derniers (et non la population) qui sont devenus sourds les uns pour les autres, au point de ne plus être capables de s’entendre. La masse-populace s’entend très bien. C’est même la surdité des politiques qui a tendance à les contaminer. Nous devons donc chercher à tuer le mal à la racine. Et la racine, ce sont les discours haineux dont les médias se font volontiers des vecteurs.

Si la masse-populace reste là, les bras croisés, il ne saurait y avoir de réconciliation. Et c’est elle qui en pâtira, à travers les tueries et autres enlèvements. Les politiques eux-mêmes de sauraient le faire, car la seule chose sur laquelle ils ont vite trouvé un accord, c’est de ne jamais être d’accord. Alain René Lesage traduit si bien cette borgne chorégraphie politique dans Le Diable boiteux : « On nous réconcilia : nous nous embrassâmes, et depuis ce temps-là nous sommes ennemis mortels. »

Alors, on sait désormais qui doit être réconcilié.

 

 

Doh Koué, La voix de celui qui crie dans le désert de l’Africanité.