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01/02/2014

LA FOI: COMPRÉHENSION ÉTYMOLOGIQUE D'UNE REALITE UNIVERSELLE CONTROVERSEE

 

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La foi, c’est la croyance en quelque chose ou en quelqu’un, sans avoir besoin de rechercher des preuves mathématiques qui font de son objet quelque chose digne de cette croyance, de cette confiance. Si nous retournons aux origines du mot foi, nous retrouvons sa racine la plus lointaine dans la culture indo-européenne : « La racine indo-européenne "bheidh", à l’origine du mot foi, exprime une idée de confiance, de persuasion. » Ce qui fait que l’on ne saurait parler de foi sans un sentiment de confiance que l’on met en quelqu’un ou en quelque chose, non pas parce qu’on est convaincu que ce quelque peut avoir notre confiance, mais parce qu’on en est simplement persuadé : la foi est avant tout une affaire de cœur et non de raison.

Le sentiment de confiance ainsi créé, fait que l’homme se sent attiré, et finalement s’attache à l’objet de sa foi. C’est, du reste, ce que nous révèle la racine grecque du terme : « La racine grecque "pith" exprime un concept d’attachement. » Le verbe grec qui découle de cette racine est "peithô". Lorsque "peithô" se présente sous une forme transitive directe, il signifie persuader, fléchir, comme dans la "bheidh" indo-européenne. Sous sa forme transitive indirecte, le verbe "peithô" renvoie à l’idée de « croire, se confier, s’en remettre à quelqu’un. » Le premier sens de "peithô" se rapport à l’objet de foi qui fléchit, persuade l’homme à mettre en lui sa confiance. Quant à la forme transitive indirecte du verbe, elle se réfère plutôt au sujet de foi qui croit, se fie, se confie, et souvent s’en remet, totalement ou partiellement, à l’objet de sa foi. 

Ce dernier aspect du verbe grec montre en outre que celui qui se fie, le sujet, n’est jamais au-dessus de ce à quoi il se fie, l’objet de sa foi. En d’autres termes, l’être qui se fie, est celui qui est vaincu, qui est fléchi, et donc qui se laisse persuader, qui obéit, est engagé et déterminé par l’objet de sa foi. Ainsi, la foi grecque "pistis" ne signifie rien d’autres que confiance, fidélité, serment, engagement. La foi, est confiance parce que c’est la confiance qui amène la foi ; la fidélité entretient la foi pour la pérenniser, le serment fait que nous sommes liés à l’objet de foi et l’engagement rend vivante la foi.

"Bheidh" ou "pistis", la foi renvoie aux mêmes sentiments, actions ou réactions ; à savoir la confiance et la fidélité qui nous engagent vis-à-vis de quelqu’un ou de quelque chose. Si ces deux termes nous permettent de saisir, étymologiquement, le mot "foi", il n’en est pas moins que c’est la langue latine qui a généré son orthographe actuelle : foi est le dérivé du latin "fides" (foi, croyance, confiance), "fidelitas" (fidélité) ou encore "fiducia" (fiducie, confiance) renvoyant tous au verbe "fidare" qui signifie se fier, se confier ; "fidare" n’est pas différent du "credo" en latin.

Ce que nous devons retenir de ce retour aux origines du mot "foi", c’est que de façon général, « la foi est un engagement durable de confiance, suivant des formes variables telles que : parole donnée, promesse, profession de foi, serment, contrat, traité, alliance, conventions diverses. Du fait que la confiance se donne et se reçoit, la valeur du mot "foi" oscille entre le sens actif de "faire confiance" (avoir foi, avoir la foi) et le sens passif d’"inspirer confiance" (faire foi, être digne de foi, jouir d’un crédit, être fiable). La foi ne se réduit pas à la confiance ; elle l’oriente. » Elle oriente la confiance du sujet vers l’objet de sa foi. De cette façon, nous voyons que la foi suppose toujours deux réalités, deux entités : le sujet et l’objet. Le sujet est toujours l’être humain ; c’est l’homme qui croit, c’est lui cherche à croire. Quant à l’objet de sa foi, il peut être un autre homme, un autre être physique ou un être métaphysique. Ainsi, si l’homme est toujours le sujet, le producteur de la foi, cette foi qu’il produit est différente selon qu’elle s’applique à un être physique ou à un être métaphysique.

L’homme, au-delà de la raison, est un être de croyance. Il croit justement parce qu’il ne peut rendre raison de tout. Ainsi, la foi se situe-t-elle « dans les simple limites de la raison ». Si la connaissance ne nait que de la connexion du sujet et de l’objet sensible, il n’en est pas moins que cette connexion elle-même est souvent rendue possible parce que le sujet croit en l’existence des objets sensibles, et qu’il a la foi que de sa connexion avec ces objets naîtra la connaissance. Nous voyons par là que toute la vie humaine est faite de croyance.



 

 Doh Koué, La voix de celui qui crie dans le désert de l'Africanité

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