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05/02/2014

PEUT-ON ENCORE PARLER DE GALANTERIE DANS UNE SOCIETE D’EMANCIPATION ?

 

Galanterie, Emancipation, Droit africain

Source de  la photo: http://www.facedakar.com/

De son étymologie latine, émanciper vient de "emancipare" qui signifie affranchir un esclave du droit de vente, venant de "e" (privatif) et "manucapare", prendre par la main (l'achat des esclaves se faisait en les prenant par la main). Il renvoie donc à l’idée de sortir quelqu’un d’une position de soumission, de marginalisé, à une position où a les mêmes droit que les autres.

De nos jours, l’émancipation est l'un des éléments moteur de la transformation de la société. Elle donne à une catégorie de la population des droits identiques aux autres catégories. On parlera de l'émancipation de la femme.

Et c’est justement ce dernier aspect de l’émancipation qui m’interpelle un peu. En effet, à travers les médias, dans nos quartiers, et même de plus en plus au village, les femmes chantent au son de ce vocable, réclamant postions, poste, fonctions, etc. Fort heureusement, ce que l’on appelle à tort pu à raison inégalité des sexes, prend de plus en plus de recul.

Mais ce qui est un peu gênant dans cette affaire, c’est lorsque les femmes continuent de parler de galanterie. Selon le Wikipédia, « la galanterie est un ensemble de règles de comportement des hommes à l'égard des femmes. Vécue par beaucoup comme une forme de politesse et de savoir-vivre, elle est aussi considérée comme un moyen de séduction. »

Dans la coutume des kroumen, peuple du sud-ouest de la Côte d’Ivoire, "Tépo" en particulier, la femme est l’objet d’une telle considération qu’aucun homme ni même une autre femme n’oserait l’injurier publiquement et impunément. En fait, il y existe un Conseil des femmes dont le siège est exceptionnel mais redoutable.

J’ai assisté à un tel conseil lorsque j’avais environ dix ans. Mais j’ai été très frappé par les faits. Je raconte : « Une femme s’est disputée avec son mari. La dispute a dégénéré au point où ils se sont retrouvés dehors dans une bagarre qui n’a pas pu donner raison aux muscles du mari. Les villageois ayant accouru pour les "séparer", ils ont remis le couvert avec les injures. Et c’est là que le monsieur a péché. "Il a insulté sa femme jusqu’en bas d’elle" comme on le dit couramment en Côte d’Ivoire. Ce qui signifie qu’il a osé désacraliser publiquement ce qui rend sacrée la femme (son intimité). Il n’en a pas fallu plus pour susciter le courroux des femmes présentes qui sont allé porter plainte et aviser le chef du village de la réunion de leur conseil le lendemain… Et ce fut le lendemain. Très tôt nous avons été tirés de notre sommeil par la cloche mythique qui annonçait un jour de tourment pour un homme. Mais tenez-vous bien, pour aussi sa femme qui a voulu laver l’affront en s’attaquant à la mère de son mari. Ce jour, vers 8h, le jugement eût lieu. Ayant été reconnu coupables, monsieur et madame ont été assis à même le sol et ont pris leur bain matinal avec des excréments de bœufs. Et ils auraient été passibles de bannissement pour un an si le chef et ses notables n’avaient pas plaidé. »

J’ai expliqué cette histoire pour montrer la raison pour laquelle, dans nos sociétés traditionnelles africaines, la femme ne prend pas publiquement la parole lors des débats de décision. Son point de vue, ses conseils, elle en fait par à son homme qui "gonflé", donne son point de vue avec fierté lors des débats publics. La femme ne participe pas aux débats publics, car là, lors des discussions, il peut y avoir des écarts de paroles. Comment peut donc y participer si elle ne doit encaisser aucun déshonneur verbal ?

Si la galanterie se traduit ainsi par ce piédestal sur lequel est placée la femme africaine, lorsque les conditions ne sont plus réunies, c’est-à-dire lorsque la femme participe avec moi par exemple aux débats parlementaires (correspondant à la palabre de nos villages), comment puis-je ne pas avoir les parole désobligeant à son égard ? Comment puis-je lui céder mon siège pour aller m’en chercher un autre si chacun à son siège. Comment afin peut-elle réclamer la même position que moi et revendiquer par ailleurs que je lui voue un respect hors profession ?

Quand l’émancipation fait entrée, la galanterie en est affectée ; elle perd son sens réel. Tout ce qui lui reste, c’est son aspect séducteur. On cède la place à la femme très souvent parce qu’on ne sait jamais, car on pourrait se retrouver à l’aimer où simplement à la désirer un jour : la galanterie est une arme sexuelle. Elle n’a plus sa valeur morale de respect de la féminité.

Je n’ose pas tirer ici une conclusion au risque de me faire tirer dedans par les éminents féministes ou défenseurs des droits de la femme.

Je veux toutefois dire ceci : Avant de lutter tant en faveur de ces droits (qui  dégradent au contraire l’image originelle de la femme-admirée-de-tous), nos mamans africaines doivent prendre le temps de comprendre ce qu’ils renferment. Il y va de même pour les droits de l’homme. Lorsqu’ils se proclamaient en 1948, nos pays n’être pas des états et nous ne faisions pas parties de ces hommes dont les droits étaient proclamés. Il faut exiger que nos réalités soient prises en compte.

J’encourage l’Union Africaine pour CHARTE DE LA RENAISSANCE CULTURELLE AFRICAINE de 2005 http://www.afrimap.org/english/images/treaty/Charte-renai....

Il lui faut maintenant de l’audace.

 

Doh Koué, La voix de celui qui crie dans le désert de l’Africanité.

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