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27/02/2014

Spécialisation ou savoir confiné : il faut ouvrir le champ

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Assurément, Cheick Anta Diop fut un savant africain: ses traces doivent être suivies

 

On ne peut prétendre aujourd’hui à une expertise dans plusieurs domaines à la fois. Non pas parce qu’on n’en a pas les aptitudes ou les compétences, mais parce que la modernité en a décidé ainsi.

Lorsque nous remontons à des siècles en arrière, l’on se rend compte qu’il y existait ceux qu’on appelle les savants, ou des sociétés savantes. Le savant, c’est celui qui sait. Et son savoir n’est borné à aucun domaine particulier; mieux, il excelle dans plusieurs domaines de la connaissance à la fois. Le savant donc, c’est l’homme qui cherche à savoir ce qui peut être su, non pas de façon superficielle, mais en prenant le temps d’aller en profondeur dans tout ce qu’il se propose d’étudier. Ainsi que nous le voyons, ceux que l’on nomme savant, le sont car n’ayant été contraints à se confiner dans un domaine singulier sous le prétexte de la spécialité. Sir Isaac Newton n’est ni simplement un mathématicien, ni en particulier un physicien, encore moins spécifiquement un philosophe. Il est tout cela à la fois, et personne ne peut nier qu’il a été d’un grand apport dans chacun de ces domaines jusqu’aujourd’hui.

Dans la société actuellement mondialisante, le savoir se refuse d’être holistique, ou du moins l’on refuse aux citoyens d’être à la fois physicien, philosophe et historien par exemple. Pourtant, la physique mécaniste dont se sont inspirés les scientifiques dès la fin du VIIe siècle est cartésienne. Descartes serait-il seulement philosophe et non aussi physicien et opticien ? Ou, sont-ce les hommes du XXIe siècle que nous sommes qui sont incapables d’embrasser plusieurs domaines du savoir à la fois ?

En réalité, et c’est un point de vue, la spécialisation que l’on tente de nous imposer à travers le système scolaire et académique actuellement, est une manière de nier sinon de limiter les capacités qui sont en l’homme, et qui peuvent ne pas s’exprimer forcément au moment de son entrée à l’Université. Si donc au baccalauréat, j’ai excellé  par exemple en mathématique, est-ce une raison suffisante pour que je sois forcément mathématicien, au point où on me refuserait une inscription en Lettres que j’aime bien et dans lesquelles je peux tout aussi bien exceller ?

Il va falloir, surtout dans les pays africains, revoir le système de formation et d’orientation. En fait, l’Occident qui est si attaché à la spécialisation aujourd’hui, a eu des savant dans le passé qui ont amené son progrès grâce à leurs travaux pluridisciplinaires. Nietzsche n’est pas philosophe de formation. Mais de la philologie, il a su se faire une voix en philosophie qu’aiment bien les athées et autres ennemis de la chose religieuse. Les exemples sont légions et nous ne saurions les énumérer ici. Mais ce que les Etats africains doivent faire, c’est d’encourager la pluridisciplinarité ; ce qui serait d’un grand avantage sur la voie de la Renaissance Africaine.

Il est vrai qu’on est plus efficace en se consacrant à un domaine d’étude précis. Cependant, la pratique montre bien que les "touche à tout" sont des traceurs de voie. Et ce sont justement ces voies qu’approfondissent les spécialistes dont la vision est très souvent trop braquée sur le sujet spécifique du domaine particulier.

Il faut à l’Afrique ces ouvreurs de portes, ces visionnaires comme Descartes au VIIe siècle dont le programme de la réforme scientifique a déclencher la course à la conquête de la nature qui a débouché sur la Révolution Industrielle.

La volonté politique et même académique sera peut-être absente. Mais alors, que nos volonté particulières nous amènent à ouvrir notre champ de réflexion pour aller au-delà du spécialement formé. L’Afrique en a besoin pour renaitre de ses cendres afin d’amorcer sa Révolution. Et cela dépend de la volonté de chaque Africaine te de chaque Africain.

 

 

Doh Koué, La voix de celui qui crie dans le désert de l’Africanité.